Les Technologies de l’Information et de la Communication sont un outil essentiel au développement. Elles facilitent les échanges et la coopération, permettent le développement du commerce à distance. C’est un outil incontournable de nos jours pour se développer, tant économiquement que culturellement.
Cependant, le fait est là : la fracture numérique sévit et se creuse entre le Nord et le Sud et même dans le Nord entre catégories sociales.
En effet les TIC coûtent cher. Pour téléphoner ou accéder à Internet, il faut disposer d’outils coûteux : téléphone, ordinateur, abonnement téléphonique…
C’est ainsi que l’inégalité s’accroît : les jeunes les moins aisés sont déjà ceux qui possèdent le moins de moyens pour étudier. Ce sont les même qui sont privés de TIC. Or aujourd’hui, personne n’embauche un employé qui ne sait pas se servir d’un ordinateur.
Je prendrais un cas qui me tient particulièrement à cœur. Il s’agit d’un village tunisien, Bir Salah. Dans ce village, plusieurs familles possédaient le téléphone fixe pour leur usage personnel. Avec notre association, la LCT BIR SALAH, nous avons créé une salle d’informatique pour enseigner l’informatique et initier à Internet les enfants et les jeunes et ainsi réduire l’écart numérique entre la ville et la campagne.
Or la compagnie de téléphone Tunisie Télécom n’a rien trouvé de mieux à faire que de couper les lignes de téléphone de tous les habitants, sous prétexte que cela n’était pas assez rentable.
Résultat : Parce que les factures des parents ne sont pas assez élevées, les enfants et les jeunes sont privés de ligne téléphonique et ne peuvent donc pas naviguer sur Internet.
Dans le pays du SMSI, la plus grosse compagnie privée de téléphonie abuse arbitrairement de son monopole sous prétexte de « rentabilité ».
Alors que l’état tunisien encourage de toutes ses forces la diffusion des TIC auprès de la jeunesse, investit sur le savoir et pari sur les TIC pour le développement du pays, voilà que des actions arbitraires comme celle de Tunisie Telecom viennent corrompre le bon déroulement de l’action du gouvernement tunisien et nuire aux plus jeunes qui devront attendre l’entrée au collège pour s’initier une heure par semaine à Internet…
Comment quoi la fracture numérique se creuse…à petits cliques de souris mal placés mais sûrement et même malgré les gouvernements bienveillants. Le pouvoir de l’argent est une donnée à ne jamais oublier quand il s’agit de progrès car l’argent est un dieu, pour certains hommes.